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Mercredi 25 novembre 2009
J'me dis que ça sent le désert, le Blog-fantôme, le no-man's-land par ici... L'autre jour en allant juste me connecter sur le blog j'ai vu que ces fourbes de chez Over-blog m'avaient collé de la pub... Je me suis dit qu'il allait falloir que je change de crémerie... J'avoue que le monde informatique en ce moment me rebute un peu... C'est pas que je n'ai pas le temps, c'est juste que je ne prends pas le temps...
Du coup j'ai un peu disparu d'ici...
Mais ça va bien !
Je suis posée dans un lieu de vie collectif du côté d'Angers, en ce moment je suis bénévole sur ce projet-là :  Bazar Divers.
Je fais aussi de la musique, du conte, de la bouffe, des petits bricolages... Je vis aux rythmes que je veux bien prendre, et ça le fait... D'autres petits projets pointent leur nez, après quasiment un an de décrochage, de désorientation volontaire et de rencontres improbables et essentielles, je me suis créé de nouveaux repères, j'ai pris confiance dans un moi qui me convient, en tout cas qui me paraît être une bonne piste à travailler pour les temps à venir, je me sens l'énergie de créer de nouvelles choses et de m'investir à nouveau pour les autres, tout en ayant bien "digéré" ce que le cycle passé de ces dernières années m'avait apporté.
En tout cas, toi qui te ballades par ici sur mon espace virtuel, t'es le ou la bienvenu-e dans ma réalité concrète, l'endroit où je vis est un lieu ouvert, à découvrir, et puis  je te conseille  de passer à Bazar Divers...
A tout bientôt !
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Mercredi 16 septembre 2009
Par-dessus les sentiers hagards
Les pièges et les déroutes
Quelque soient les intentions
Les fleurs et les idées poussent
Partout la vie palpite
Et les mots s’évaporent
Dans une danse ininterrompue
Que les regards éclairent
Chanter, reprendre son souffle
Respirer encore
Car chaque minute est une étreinte
Et la musique un grand secret
Que l’âme aspire et attise
Sans y penser
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Mercredi 2 septembre 2009

« Nous seuls percevons notre existence sur Terre comme une trajectoire dotée de sens (signification et direction). Un arc. Une courbe allant de la naissance à la mort. Une forme qui se déploie dans le temps, avec un début, des péripéties et une fin. En d’autres termes : un récit. »

Il est des livres qui mettent en mots et aident à structurer le gloubi-boulga des réflexions que l’on se fait sur la vie. Lorsque l’on s’interroge (entre autres) longuement sur la nature humaine, ce genre de lecture arrive à point nommé et apparaît comme un pont qui nous aide à passer sur une autre rive afin d’explorer de nouvelles contrées. L’espèce fabulatrice, de Nancy Huston (Actes Sud), pour moi, fait partie de ceux-là. Avec des mots simples, des observations et des réflexions profondes, elle touche l’un des mécanismes fondamentaux de l’esprit humain. Psychologie, histoire, sociologie, évolution… En un mot, de la philosophie dans tout ce que ce domaine a de concret et de complet.

Quand j’étais petite, je croyais souvent que j’étais le personnage principal d’un film tourné vingt quatre heures sur vingt quatre, que des êtres humains regardaient dans une salle de cinéma, mais des êtres humains ayant un autre rapport au temps, une vie beaucoup plus longue que la mienne, et pour lesquels le temps de ma vie représentait relativement le temps d’un film pour moi. Mais quand même je me rendais compte que ma réflexion ne tenait pas. Que pouvait-il y avoir pour « eux » d’intéressant ? A l’époque je ne savais même pas ce qu'était le voyeurisme… J’ai compris plus tard que le temps des films n’était pas linéaire. Qu’un film était construit, monté, dans le but de suggérer une histoire.

La thèse de Nancy Huston, c’est que nous construisons de notre vie une histoire, en privilégiant certaines scènes, certaines images, certaines idées, en les interprétant, en bref, en leur donnant du sens. Nous faisons cela à l’échelle individuelle mais aussi à l’échelle collective. Il s’agit d’un fonctionnement humain fondamental, pour Nancy Huston c’est même ce qui a permis à notre espèce sans grande défense de perdurer et d’évoluer. Prenant conscience de cela, on se rend compte de la force et de la richesse de cette faculté de notre cerveau, autant que de ses dérives et de ses dangers.

Cela me rappelle une question que j’avais posé un jour en terminale, en cours de philo, alors que nous traitions des faits historiques : où s’arrête ce que l’on appelle l’histoire ? Est-ce que décrire chaque acte de chaque être humain vivant à une époque donnée, c’est parler de faits historiques ? Et si tel n’est pas le cas, qui décide quels sont les faits historiques ? (Aller, vous avez quatre heures, intro-développement-conclusion, et oui oui j’me la pète !) Sans le savoir j’avais effleuré le problème de la fiction collective : en occultant sciemment certains faits, en appuyant sur d’autres et en l’enseignant à l’école, on forge une conscience collective et populaire, rassembleuse, patriotique voire raciste, une histoire commune. Et lors de ce cours, je m’étais également posé la question de la validité d’un enseignement basé sur des recherches inachevées (les historiens travaillent toujours sur toutes les périodes de l’histoire, mais celles-ci sont quand même enseignées à l’école…)

Cette histoire commune ne raconte pas les faits dans leur intégralité objective, elle est une construction fictive de la mémoire que « nous » en avons, ainsi ces faits prennent sens… Tout comme nous le faisons quand nous racontons notre vie ou quand nous écrivons « une » histoire… Finalement, l’importance est moins dans les faits eux-mêmes que dans ce que nous en disons.

Je me suis longtemps dit que lorsque deux personnes racontent un même fait selon leurs points de vue respectifs, la vérité est quelque part entre les deux… Mais peut-être que cet entre-deux n’existe pas. La vérité d’un même fait serait plutôt l’entrelacement de toutes ces versions que l’on en tire, car pour l’espèce humaine c’est le sens, le pourquoi qui est fondamental… Seul l’humain cherche des vérités, c’est peut-être qu’elles sont à chercher dans l’esprit humain… Car sans cela, pas d’explication sur le monde, et donc, pas de monde…

C’est peut-être la raison pour laquelle il nous est si difficile de nous représenter le temps à l’échelle de l’univers. Avant l’apparition de l’humanité, pas de cerveau apte à se représenter le temps qui passe (du moins aucun qui l’ait transmis et dont nous soyons conscients de la transmission…) L’univers se tenait dans l’instant. Le temps est une construction humaine, directement liée au fait que notre propre vie est limitée et que nous en avons conscience. Puisque nous avons conscience de notre mort, comment avoir envie de vivre si la vie n’a aucun sens ?

« La narrativité s’est développée en notre espèce comme technique de survie. Elle est inscrite dans les circonvolutions même de notre cerveau. Plus faible que les autres grands primates, sur des millions d’années d’évolution, l’Homo sapiens a compris l’intérêt vital qu’il y avait pour lui à doter, par ses fabulations, le réel de sens. »

Nancy Huston ne juge pas cette caractéristique humaine. Elle ne dit pas que nous ne sommes que tissus de mensonges et qu’il faudrait arrêter de se la raconter… Elle met le doigt sur une réalité de la nature humaine et propose de prendre conscience de ces fictions et de leur impact, de leur influence dans nos visions du monde, qu’elles soient individuelles ou collectives, et des actes qui en découlent…

Le livre s’achève sur ces quelques mots : « Notre condition, c’est la fiction. Ce n’est pas une raison de cracher dessus. A nous de la rendre intéressante. »

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Samedi 1 août 2009
Je termine un voyage avec le sac-à-dos, sur le GR34 entre le Mont-Saint-Michel et Saint-Briac Sur Mer. Quelques jours de marche, de hasards, de coïncidences heureuses, de rencontres, de solitude, de respiration des éléments, et de beaucoup de réflexion... Mes pas d'humaine sur la géographie à l'échelle 1.
J'ai pas mal écrit aussi et après une petite mise en forme j'en publierai un peu ici. Pas pris l'appareil photo par contre, je ne voulais pas me décaler du moment présent en sortant la fixette à images... De toute façon aucune photographie n'aurait été à la hauteur des images que j'ai maintenant dans le coeur...
Je suis allée faire cette marche suivant quelques pistes sans savoir qu'en fait c'était ma propre piste que je suivais.
Mais je n'ai pas tourné en rond. C'est comme si j'ajoutais un niveau à cette spirale de la vie qui s'agrandit...
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Lundi 6 juillet 2009
Qu'est-ce que la liberté ? Je n'ai pas choisi d'être nomade par un désir candide de liberté. Je sais depuis longtemps que la liberté n'est ni être "libre comme l'air", ni faire ce que l'on veut. Je cherche "mes vérités", celles qui vibrent en moi avec le plus de justesse. Pour cela j'ai besoin d'une certaine liberté dans mon temps et mes mouvements. J'ai besoin d'improvisation et de changements. D'une forme d'instabilité. Je me connais suffisamment pour savoir que j'associe la stabilité à l'ennui. Plutôt que me changer moi-même j'ai décidé de suivre la voie de l'instabilité pour voir où elle peut me mener. Pour certains ma vie maintenant manque de sécurité et de projets concrets. En ce qui me concerne je perds mon enthousiasme dès que je sais où je vais. Je cherche à vivre dans la joie. Je ne veux pas réussir dans la vie mais réussir ma vie. C'est plus fort que moi, et je ne peux pas me brider parce que ma vie ne serait pas convenable, ne ressemblerait pas à ce que vivent la majorité des gens, ou ne correspondrait pas à ce que l'on attend de moi...Je l'ai fait trop longtemps déjà, je sais ce que c'est et que cela ne me mène à rien. Mais cette vision des choses est bien sûr toute personnelle. Je ne porte aucun jugement sur les choix des autres, l'essentiel étant d'assumer ses propres choix de vie... Ma précarité est volontaire, réfléchie, assumée. Bien sûr je ne vis pas sans contraintes, j'essaie le plus possible de choisir ces contraintes. Vivre dans le confort impose bien plus de contraintes à mon sens que vivre avec l'essentiel et de s'en contenter. Les satisfactions que j'éprouve désormais sont bien plus grandes que celle que je pouvais connaître "avant", lorsque ma vie était conditionnée à la "contrainte professionnelle" et que je percevais un revenu mensuel en échange. Il me semble que ces idées ont été maintes fois émises par quelques philosophes, Jésus ou autres Siddarthà... Pourtant je ne m'applique pas à moi-même un dogme, personne ne devrait ni dire des sentences ni en suivre des toutes faites... Juste expérimenter sur soi (et uniquement sur soi!) ce que nous laissent entrevoir de nous-même nos propres intuitions...
 
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Mardi 26 mai 2009

L'homme que j'aime est en prison.
Il s'y est retrouvé alors que notre relation et se que l'on vivait ensemble flirtait avec le merveilleux.
Nous n'avons pas décidé de nous séparer, les évènements et les "hommes de lois", les forces de l'ordre, l'ont décidé pour nous.
Pas d'aurevoir, pas d'embrassades possibles. Un prévenu est menotté, c'est la procédure. Même s'il est paisible et docile. On ne sait jamais.
Le permis de visite tarde à venir. Après informations auprès des autorités compétentes, j'ai appris que mon dossier était resté bloqué pendant presque deux mois à l'étape numéro deux de la procédure (qui en compte à peu près six). Comme je ne suis-pas-de-la-famille-du-détenu, on doit faire une enquête de moralité sur moi... Mais pas question que je me rende de ma propre initiative dans une gendarmerie pour répondre à des questions ou subir un détecteur de mensonges... Non. J'attends bien sagement, et impuissante, que les fonctionnaires des administrations concernées aient fait circuler mon dossier dans la procédure. Je suis un numéro, un formulaire sur une pile de formulaires.
Cela fait deux mois et dix jours que je n'ai pas senti la caresse de son sourire, que mes yeux n'ont pas été happés par son regard solaire. Que je n'ai pas entendu le son de sa voix.
Qu'il est enfermé entre des murs de béton, privé d'autonomie et de contact avec le monde extérieur. Enfin, j'exagère. Il a droit à la télé (il a d'ailleurs dû batailler sévère pour ne plus subir cette boîte à conneries) et, comme me le répètent mes interlocuteurs téléphoniques quand j'essaie de savoir "pour le permis de visite", on me répond que je peux lui écrire ! Oui. Je le fais d'ailleurs. Mes lettres mettent deux jours à lui parvenir. Il n'y répond pas forcément. Ce que je peux comprendre vu l'absurdité de sa situation et le vide qu'il traverse. Alors je suis dans l'attente, interminable et parfois désespérante. C'est comme s'il avait disparu. Paf, d'un coup, comme ça. Il n'existe plus, n'a quasiment plus aucun droit, aucun contact humain en dehors des personnes qui sont au même endroit que lui. Coupé de la nature et de l'explosion du printemps. Il regarde le temps qui passe.
Qu'est-ce que l'incarcération ? A quoi ça sert ? Giscard a dit un jour que "la prison, c'est la privation de  la liberté d'aller et venir et rien d'autre". Cette phrase me fait davantage penser à une assignation à résidence. Parce que dans la réalité, on enferme les condamnés (et même les prévenus pas encore jugés d'ailleurs) dans des lieux particuliers et cela n'a pas comme conséquence que la privation de liberté d'aller et venir. Cela prive aussi d'autonomie et d'existence.
Dans quel but ? Punir ? Protéger la société de ses déviants et ses criminels ? Mais qu'est-ce qu'un criminel ? Et comment trouver une place dans cette société, après une privation d'existence de plusieurs mois, voire de plusieurs années ? Comment ne pas nourrir davantage de haine encore et d'incompréhension du "système"?
"On" dira, quelqu'un qui est en prison, c'est surement pas pour rien. Mais la forme de la peine est-elle appropriée aux évènements en question ?
J'ai pensé à lire (enfin) Surveiller et punir, de Michel Foucault. Mais en fait, je préfère me remplir des paysages que je traverse et les lui envoyer, par lettres, et par les seule forces de l'amour et de la pensée...

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