Dans l'idée c'est ça

Vous en pensez ça :

Pour les oreilles

Recherche

Recommander

Mardi 13 juillet 2010 2 13 /07 /Juil /2010 11:45

Quand il est passé par Troglobal, j'étais en mode "je me sédentarise un peu". Mais quelque chose ne me convenait pas... C'était comme si je me résignais trop vite... Un goût de trop peu, l'impression de "me faire une raison". J'avais passé l'hiver là-bas, j'y ai des amitiés fortes... Et puis vers le milieu du printemps il s'est posé là quelques jours, on a eu le temps de faire connaissance, de parler pas mal de nos conceptions de la vie... Je ne savais pas si on allait se revoir, en tout cas, quand j'ai vu partir son camion, qui venait d'Ecosse et allait vers l'Aude, avec son volant à droite et son immatriculation en 11, alors j'ai regardé le mien, de camion, et je me suis dit que cette rencontre m'avait remis les yeux en face de certains essentiels...

Et puis finalement on s'est revus, on part ensemble en Hongrie en août, il est super pote avec Norok...

Là je suis vers Perpignan, la cueillette des abricots se termine, ce matin je suis allée cueillir du thym et de la camomille sauvages, on se baigne tous les après-midi vu la chaleur... J'ai posé le Ducato jaune à côté du 208 vert, sur le campement des saisonniers, des Français, des Espagnols, des Polonais... Et un bel Anglais.

La vie rêvée...

Bel été à tous !

 

(Pour ceux qui n'auraient pas pu lire mon dernier article, je comprends pas, quand j'ouvre le blog depuis un ordi quelconque, tout s'affiche...!)

Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Mercredi 19 mai 2010 3 19 /05 /Mai /2010 16:46

Un après-midi comme je les aime… Installée dans le camion, un petit air d’accordéon (Christian Maes et Emmanuel Pariselle, dont je conseille vivement l’écoute…) dans les hauts-parleurs, les portes ouvertes, ce qui crée un léger courant d’air, alors que dehors le soleil cogne (enfin ! les saints de glace sont passés !)… Matinée passée à jardiner, à croiser les amis qui vivent ici… J’ai posé mon carrosse au village Troglobal, en Anjou.

Cela fait quelques mois déjà que je gravite autour d’ici, et que je fais confiance au présent, à la vie, pour que cela m’envoie vers quelque chose… Je commence à connaître du monde dans le secteur, quand je me déplace sur les routes entre Gennes et Rochefort-Sur-Loire je croise toujours un visage connu et qui me reconnaît… Un nouveau réseau, de nouvelles perspectives, plein de gens qui ont une vision de la vie similaire à la mienne et qui vivent en fonction de ça… Quelque part dans la réalité de ce qu’on appelle le « milieu alternatif »… ceux que l’ont dit en marge… Mais quand je vois les agriculteurs intensifs qui arrosent leurs monocultures parce qu’il y a de grosses primes à l’arrosage, je me demande qui est fou dans ce monde… !

Ce petit billet pour donner quelques nouvelles…

Je vais bien, la vie en camion me convient toujours davantage. Non pour sa mobilité mais pour sa simplicité. Un bureau, un lit, de quoi faire la cuisine, me laver et me chauffer… Et la connexion directe aux cycles des jours, des saisons, de la nature… L’essentiel quoi ! J’ai de la chance, quand j’y pense, d’être capable de voir le bonheur là-dedans !

Cela fait un an maintenant que Norok m’accompagne, un croisé de Labrador et de Border Collie, un super chien, une amitié assez extraordinaire… 

Je vis dans une campagne diversifiée en faune, en flore, en paysages, j’essaie d’apprendre tous les jours quelque chose de nouveau à son sujet… J’ai quelques projets concrets par ici, des choses commencent à se mettre en place, tandis que je me re-sédentarise en quelque sorte.

J’ai trouvé de nouveaux amis musiciens avec lesquels je peux expérimenter de nouvelles voies à ma voix… Plus rock on va dire !

Et, Ô chance inouïe ! Un amoureux (enfin, je veux dire, ça a l’air sérieux là, mais chuuuut, j’en sais pas beaucoup plus pour le moment…) !

Mes réflexions trouvent de plus en plus un terreau pour y faire germer des actions « en vrai »… En attendant d’en raconter davantage, je vous emmène faire un tour dans notre jardin (sans métaphore cette fois-ci) !

P1010743.JPG


 Voici la serre...

P1010744.JPG











 

 

 

 

 

 


P1010746



Le petit jardin du bas...




P1010747.JPG














Le compost-jardin avec murs en terre pour faire pousser des trucs direct dessus (et Norok en guest star !)





P1010758





 

 

Et le petit jardin du haut !









P1010759





 

 

 

 

 

 

 

(Vu le temps que ça m'a pris de télécharger et de publier ces quelques photos... Je vais pas faire ça tous les jours !)

Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Jeudi 13 mai 2010 4 13 /05 /Mai /2010 12:31

Je ne suis pas assez catégorique pour porter un jugement, quelqu’il soit, sur les choix que fait l’humanité et donc sur la tournure que prend son histoire. Car au fond, rien n’est écrit d’avance, ni dans ma vie, ni dans la vôtre, ni dans celle de l’humanité dans son ensemble. Chaque humain est une cellule (je n’irai pas jusqu’à dire un électron libre, même s’il en existe quelques-uns, sûrement) qui fait sa petite vie, avec ses désirs, son niveau de compréhension du monde qui l’entoure, et surtout, je veux dire en conséquence, ses actes. Tous ces actes ont des impacts et tous ces impacts de tous les humains ont un impact global sur la Terre, le Temps, et font l’histoire humaine. Aucun humain ni groupe d’humains ne maîtrise totalement cette histoire, même si des hommes de pouvoir semblent écrire l’histoire en menant le reste du troupeau.

L’humanité est-elle en marche vers l’autodestruction, ou bien prendra-t-elle d’autres voies ? Se libèrera-t-elle de quelques postulats tels que « le progrès humain passe par le développement technologique et la croissance économique » ou encore « la décroissance est une idée d’arriérés qui veulent revenir à la bougie » ou bien « les lois sécuritaires sont faites pour assurer notre sécurité » ? L’humain se libèrera-t-il de ses peurs ? Ou bien prendrons-nous une autre voie, nous qui construisons des machines capables de faire des calculs bien supérieurs à nos capacités intellectuelles et par conséquent disposent d’une faculté d’adaptation surpuissante, et qui tôt ou tard prendrons le contrôle sur nous ?

Il y a plusieurs voies possibles, et dans tous les cas, je l’espère, il se trouvera des hommes et des femmes capables de résister à l’oppression et à la dictature.

Je ne suis pas plus pour une dictature de l’écologie et du respect de la planète que pour un capitalisme qui sacrifie l’énergie des hommes et des femmes sur l’autel de la sainte croissance économique. Tous ce qui oblige, contraint, empêche, impose, sous quelque bannière ou conviction que ce soit et dans un cadre général au mépris des cas particuliers me semble illégitime. Quel humain est assez clairvoyant et intelligent pour savoir ce qui est bien ou mal, même si beaucoup ont cette prétention ? Si nous devons anéantir la planète, et nous faire sauter le cul avec, soit, faisons-le. Je dirais que nous sommes bien partis pour, surtout avec tous nos oxymores du type « croissance verte », « développement durable » et « prime à la casse ».

Les « politiques », les intellectuels, les photographes en hélico, les firmes de pétrole qui fuient et qui les sponsorisent, peuvent bien gesticuler pour la planète. Consomme, pollue, vient à confesse faire ton bilan carbone et mets de la tune dans la boîte pour racheter ton âme. Après nous, le déluge, en attendant, passons tous à la caisse.

Mais au fond, je n’ai pas de jugement sur cet état de fait. Il s’agit d’une sorte de constat. Par contre, je suis certaine d’une chose, c’est que, en mon âme et conscience, je ne veux pas y participer. En tout cas le moins possible. Mais je ne veux pas rien faire non plus.

Juste essayer de montrer qu’il est possible de faire et de vivre autrement, qu’il n’y a ni fatalisme, ni déterminisme à la situation et à la mentalité humaine. Qu’on peut vivre bien en travaillant moins, juste avec moins d’argent et plus d’entraide et d’échanges directs, entre humains. Ce qu’aucun système politique ne saura instituer parce qu’une donnée fondamentale de l’émancipation est absolument antinomique au pouvoir : l’autonomie. L’autonomie d’individus ou de groupes d’individus dans leur subsistance d’une part, mais aussi dans leurs choix éducatifs, philosophiques, artistiques, sociaux, économiques d’autre part. Autonomie ne signifiant pas sectarisme ni repli sur soi. Juste la maîtrise de nos outils et de nos moyens de subvenir à nos besoins.

Une vie exemplaire ne serait pas la démonstration de ce qui est absolument parfait, ni ne signifierait « moi je fais comme ça, faites tous comme moi ! » Mais plutôt : voici quels sont mes choix de vie en fonction de mes convictions et de mes paroles, j’essaie d’être cohérente entre mes actes et mes pensées, ça donne ça, c’est possible. Et faites-en ce que vous voulez, mais ne venez pas rétorquer à mes humeurs « décroissantes » et autonomistes que ce ne sont que des idées impossibles à mettre en oeuvre dans la société actuelle. Faut juste savoir ce que l’on veut vraiment. Evidemment, entre le vouloir, les concepts, les idées et l’actualisation de ceux-ci il y a des écarts, la réalité, les moyens dont nous disposons, les choix sur les manières de s'y prendre montrent parfois rapidement leurs limites et laissent un goût d’imperfections aussitôt repérées par nos détracteurs. L’action est engagée dans le temps et dans la matière, difficile de résoudre toutes les contradictions en un jour ! On me dira alors : « mais enfin, c’est la même chose, à une autre échelle, pour les hommes politiques et les actions qu’ils veulent mettre en oeuvre pour actualiser leurs beaux discours humanistes ! » Certes mais je vois quand même quelques différences : les politiques et autres décideurs (parmi lesquels les "gros" industriels tous secteurs confondus) ont la prétention de parler au nom de milliers de personnes (c’est vraiment oublier le fait que ces milliers de personnes sont des milliers de cerveaux potentiellement capables de penser par eux-mêmes, dans toute la diversité et la complexité que cela implique), et puis, honnêtement, je ne crois pas que leur motivation première soit du pur altruisme ! Bon mais d’accord, ce dernier argument est ad hominem, il est par conséquent réfutable puisque fallacieux (si toutefois on ne considère que les règles de la logique, non celles du « bon sens » !)

Je conseille vivement le film de Coline Serreau, Solutions locales pour un désordre global, pépinière d’exemples de personnes cohérentes, intègres et autonomes dans des contextes économico-socio-politiques  souvent difficiles.

Et un grand merci à Eyjafjöll, sur ce sujet je renvoie en lien le billet de l’ami Zorro !

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 29 mars 2010 1 29 /03 /Mars /2010 13:00
Cela fait des mois, des années même que j'ai envie d'écrire là-dessus. J'ai vu le film à sa sortie, à Bordeaux, alors que je faisais une formation à l'Art Cru, écriture ludique. Une semaine assez éprouvante psychologiquement parlant, qui a, entre autres, remis en question tout mon rapport à l'écriture. Bref, je suis allée voir ce film avec ma collègue, et surtout amie, avec qui je faisais cette formation, et avec qui je travaillais sur un atelier d'écriture à l'IME. Toutes les deux en sortant du cinéma on n'a pas pu échanger un mot pendant un long moment. Des images superbes, une B.O d'une grande qualité, et puis Chris Mc Andless. Un personnage d'une rare pureté, un ange inadapté en un sens à la civilisation humaine dans laquelle il est né. Incapable de vivre autrement que selon ses convictions et sa vision de ce qui est humainement juste (hum...! bon d'accord j'essaie même pas d'être objective... Mais n'allez pas croire que je voue un culte à Chris Mc Andless!). Depuis j'ai lu le livre écrit par Jon Krakauer, ce qui m'a sortie un peu de la magie et de l'angélisme du film de Sean Penn, mais qui ne m'a pas fait changé d'avis sur Mc Andless.
Pour en revenir au film, il y a dans la BO une chanson d'Eddie Vedder, Long Nights, qui, à mon sens exprime très justement la quête philosophique de ce genre d'expérience. Je n'ai jamais vécue seule en Alaska, mais je suis souvent partie "à l'arrache", et seule, à pied ou en camion. En fait, ces paroles me rappellent bien un sentiment assez particulier de la nuit  à la belle étoile, sur une plage, dans une prairie, en forêt... Enfin, un lieu imprévu et exempt d'être humain, du moins pour la nuit.

Les paroles de la chanson sont celles-ci :

Have no fear
For when I'm alone
I'll be better off
Than I was before

I've got this light
I'll be around to grow
Who I was before
I can not recall

Long nights allow
Me to feel I'm falling


I am falling
The lights go out
Let me feel I'm falling
I am falling
Safely to the ground

I'll take this soul
That's inside me now
Like a brand new friend
I'll forever know

I've got this light
And the will to show
I will always be
Better than before
Long nights allow
Me to feel I'm falling
I am falling
The lights go out
Let me feel I'm falling
I am falling
Safely to the ground


Que je traduirais ainsi :

Je n'ai aucune crainte, car la solitude me rend meilleur que je ne l'étais auparavant. Il y a cette lumière autour de laquelle je grandirai.
Je ne me souviens plus de celui que j'étais avant.
De longues nuits à sentir que je tombe, que je tombe... Les lumières s'éteignent... Laissez-moi sentir que je tombe, sain et sauf... jusqu'au sol.
Je considère cette âme qui est en moi maintenant comme une toute nouvelle amie que je connaîtrai à jamais.
Il y a cette lumière, et la volonté de montrer je m'améliorerai toujours.
De longues nuits à sentir que je tombe, que je tombe... Les lumières s'éteignent... Laissez-moi sentir que  je tombe, sain et sauf... jusqu'au sol.


Pour écouter la chanson, c'est possible sur deezer (Eddie Vedder, Long nights).
Ce que j'ai trouvé particulièrement intéressant dans la quête de Mc Andless, c'est son détachement du matériel. Posséder le moins de choses possibles, cela a quelque chose de rude et de spartiate, mais cela permet d'aller vers l'essentiel de soi-même. C'est une expérience assez inexplicable, une sorte de passage vers la joie de vivre. J'ai remarqué ces derniers mois, depuis que je n'ai plus en ma possession que ce dont j'ai vraiment besoin (ce qui veut dire aussi une confiance énorme dans l'ici et maintenant), que je ne capitalise plus vraiment des affaires en me disant "ça me servira plus tard", j'ai donc remarqué que les choses dont j'ai besoin se présentent à moi au moment venu. C'est comme si les objets obéissaient eux aussi à des lois cycliques. Il faut quand même, comme je le disais plus haut, avoir confiance, donc garder les yeux ouverts et savoir saisir les objets comme les instants. Par exemple, depuis un an, à chaque fois que j'ai eu besoin d'une paire de chaussures, quelqu'un m'en a proposé une paire, et pas forcément des vieilles qui partaient à la benne. Soit trop grandes, soit double emploi. Assez étonnant comme "coïncidences".
Le rapport avec Into the Wild ? Peut-être l'idée que je vis plus heureuse en possédant le moins possible, que l'essentiel est à l'intérieur de moi, ce qui m'appartient vraiment je veux dire, et que tout ça, cette vie, les échanges humains mais aussi la confrontation à la solitude, c'est un moyen de m'améliorer, c'est à dire de tendre vers ce "moi idéal" tel que je le conçois.
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 24 mars 2010 3 24 /03 /Mars /2010 22:12
Aujourd'hui j'étais sur Tours pour représenter STAJ Touraine au forum des jobs d'été. A côté de notre stand, d'autres organismes proposant des formations et des postes dans l'animation, mais aussi des boîtes comme Décathlon ou Castorama. Il y avait beaucoup plus de "jeunes" qui faisaient la queue pour un speed dating de l'embauche chez ces deux derniers que pour s'informer sur les activités de nos asso. Ceci dit, ceux qui attendaient pour espérer décrocher un job de magasinier chez Casto prenaient parfois le temps de lire nos affiches et parfois même venaient nous voir pour en savoir plus. Ouais Ouais je sais, la crise, les valeurs travail et argent, tout ça, quoi, c'est apparemment un incontournable humain dans notre société si évoluée. Quand même, je me disais que ces grands ados, ces jeunes adultes se précipitaient bien vite dans une espèce de vortex impitoyable. Car c'est ça, a priori, devenir adulte. Responsable. Avec de l'expérience professionnelle productive. La croissance, tout ça. Cette escroquerie, dans le sens où l'on est éduqué dans l'idée que c'est un postulat humain fondamental. Soit dit en passant, il n'est pas nécessaire à une civilisation de soutenir une dynamique de croissance pour s'en sortir. C'est un truc de l'ère industrielle (enfin, non, ça avait déjà commencé un peu avant...) Toujours est-il que nous sommes engagés dans cette "dynamique", qui sert certains intérêts et un certain confort de vie pour les quidams que nous sommes, mais, quand on y réfléchit deux minutes, c'est juste pour aller droit dans le mur... Bon, j'en reviens à mon propos de départ.
La notion d'adulte. Qu'est-ce qu'être adulte ? Qu'est-ce qu'être enfant ? Je veux dire, du point de vue personnel mais aussi collectif ?
Toute notre vie, si nous n'y prenons pas garde, nous ne prenons aucune décision fondamentale nous concernant. Par exemple, à une époque donnée, des choix ont été fait concernant l'évacuation de nos propres excréments : on tire la chasse d'eau et hop ! on oublie qu'on a fait caca. Pourtant ces matières par tonnes vont polluer ce qu'il reste de nature, puiser dans les ressources en eau potable, ou bien sont pris es en charge par des entreprises qui font du bénéfice sur le traitement des eaux usées, tout en nous culpabilisant sur notre faculté à polluer toujours davantage. Concernant les matières fécales, il y avait d'autres choix possibles, que certains "motivés" tentent de défendre, comme les toilettes sèches et le compostage. Les femmes sont dépossédées de leur propre corps, que ce soit pour accoucher, par la pilule, ou bien les garnitures périodiques jetables (je trouve ça d'une poésie comme concept...!) La mort même est traitée de manière industrielle. Et là je ne parle que de quelques exemples concernant la corporalité.
La France est un pays de flics et de lois en tous genres, c'est bien connu... Essayez de penser puis d'agir en conscience, dans tous les actes de la vie vous serez confrontés aux lois... Tout a été fait pour que votre vie soit pensée à votre place. En contrepartie, si vous êtes motivés (du latin curriculum vitae et lettre de motivation), vous pourrez recevoir de l'argent et vous acheter une vie confortable, vous aurez du temps, un peu, pour quelques loisirs, mais pas suffisamment pour penser et remettre en question de facto ce système. Tout ce bla-bla pour arriver à un constat : on croit être adulte, mais en fait, nous sommes infantilisés. C'est  comme quand on emmène les enfants d'une classe de CM1 ramasser les merdes que des promeneurs indélicats (bons, des gros cons, c'est ça que je voulais dire) laissent sur les chemins forestiers, en faisant croire aux enfants qu'ils sont investis d'une grande mission (sponsorisée par E.Leclerc, je vous promets ce n'est pas une invention...)
Depuis quelques temps je m'investis dans une association d'éducation populaire, STAJ, qui aide les jeunes (et les moins jeunes...) à mettre en place des projets orientés principalement vers le lien social. C'est suffisamment vaste pour permettre à un grand nombre d'idées de prendre forme. Nous proposons aussi des formations BAFA et BAFD, basés sur l'analyse d'expériences, les échanges de savoirs, la gestion directe et l'autoformation. Cela ne paye pas des masses, finacièrement parlant, je veux dire. Mais quand au terme d'une formation des jeunes de dix-huit ou vingt piges viennent vous dire que cette semaine leur a permis de se poser des questions fondamentales sur eux-mêmes et sur le monde, qu'ils se vivent davantage comme des personnes responsables et capables d'initiative, même face à une hiérarchie, et bien je me dis que finalement, c'est peut-être une piste intéressante pour amener l'humain à se désinfantiliser. C'est à dire se vivre comme une personne autonome et libre. Tout en gardant une part d'enfance. C'est à dire une certaine curiosité, un enthousiasme, une pulsion de vie créatrice, des rêves, des idéaux. Peut-être que j'ai l'impression que nous sommes éduqués pour tuer en nous cette part d'enfance en devenant adulte, et que nous ne devenons adultes que de manière illusoire, car au fond, nous acceptons toute notre vie d'être infantilisés.

Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Samedi 20 mars 2010 6 20 /03 /Mars /2010 16:23

Tantôt sur la route, tantôt posée, ici, là ou ailleurs, dans les rencontres et les discussions revient souvent la question du nomadisme. Je ne me considère pas comme nomade, d’ailleurs je ne me considère comme rien du tout vu que j’essaie de ne me figer dans aucune étiquette. Arrachée, dégriffée, des fois c’est difficile de ne se situer dans aucune case, les repères sont toujours mouvants mais c’est ce que j’aime dans la vie et dans l’intelligence : l’adaptation, l’évolution… Je ne suis ni sédentaire ni nomade, juste SDF et potentiellement nomade vu que mon habitat depuis quelques temps est un camion.

Il m’est arrivé de rencontrer des gens qui se définissent comme sédentaires et qui s’excusent presque de l’être. Pourquoi ? Parce que mon choix de vie leur fait un peu envie mais qu’ils ne vont pas jusqu’à la réalisation ? Parce que leur choix implique, quand on y réfléchit bien, une infrastructure et une logistique un peu lourdes ? En tout cas, je pense que l’on n’a pas à s’excuser de ses propres choix devant ceux qui paraissent réaliser certaines choses par idéalisme… Sinon on n’arrêterait jamais de s’excuser de vivre.

Et puis la vie n’est pas linéaire, rien n’est jamais figé… Sédentaire quelques temps, nomade à d’autre, salarié un moment, en vacances à d’autres, le rôle social de chacun, c'est-à-dire la place que l’on prend parmi les autres n’est pas forcément définitive, ni subie, et il est surtout important qu’elle soit assumée. Je crois qu’on fait toujours des choix, c’est ce qui nous rend responsables et libres envers nous-mêmes et envers les autres. Je préfère voir mon existence de cette manière, en tout cas, cela me donne une bonne raison de vivre… Bon, je m’égare… Je voulais parler des sédentaires parce que je me dis quand même que c’est grâce à eux que je peux me nourrir par exemple, ou avoir des points de chute, des lieux où me poser quelques temps. On se disait ça ce matin avec une amie voyageuse tout en taillant des framboisiers (d’ailleurs il était grand temps de le faire, soit dit en passant…) : « heureusement qu’il y a des sédentaires pour s’occuper des jardins et des potagers… Du coup des fois on en arrive à culpabiliser d’être aussi instable géographiquement… » Mais le « nomade », celui qui n’est que de passage, véhicule avec lui d’autres savoirs, d’autres utilités. Il peut par exemple donner un coup de main à un moment donné sur un jardin en particulier, et se nourrir plus tard grâce aux fruits d’un autre jardin sur lequel il n’aura pas travaillé. Il amène avec lui le vent d’autres endroits et permet aux lieux fixes de se relier entre eux (ok y a déjà facebook pour ça, mais bon…) Nombreux sont les voyageurs qui se sont intéressés aux plantes sauvages comestibles et médicinales, et qui, parce qu’ils voyagent, en connaissent une grande diversité, et partagent volontiers ce savoir qui s’apprend difficilement dans les livres. Non, le nomade ne dépend pas toujours du sédentaire pour se nourrir, et même si c’est le cas, c’est une interdépendance qui apporte surtout, et pour moi c’est là l’essentiel, de l’échange entre humains, je veux dire de l’échange gratuit.

 

Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Vendredi 12 mars 2010 5 12 /03 /Mars /2010 11:51

Les semaines, les mois passent et ma vie se dessine toujours, au jour le jour. Chaque jour qui amène son lot de réflexions et modifie, éclaire, pose mon attitude face au monde et à l'intérieur de lui.
J'essaie de pratiquer ce que je pense, j'essaie d'être simplement et sincèrement, avec le moins de préjugés possibles.
Pas toujours facile, surtout quand la passion vient me retourner les tripes et me laisse des goûts de trop-peu et de reviens-y mais n'y pense-plus...
Aimer c'est continuer d'aimer l'autre quand il vous délaisse, quand il est heureux ailleurs.
Des fois, des jours comme aujourd'hui ce sentiment d'amour inconditionnel que j'éprouve m'envahit et je ne sais plus si je dois être heureuse d'être capable de le ressentir ou bien si c'est là tout un drame de ma vie...
Cela fait un peu plus d'un an que je vis sans trop de contraintes. Disons que les seules, à peu près, que j'ai, sont celles que je m'impose.
J'ai beaucoup réfléchi et je me remets à écrire, doucement.
Y a cette grosse pelote de pensées qu'il me faut dévider, et aussi démêler.
Quand on me demande ce que je fais, où j'en suis, je ne sais pas quoi répondre. A part que j'avance sur mon chemin de vie et que j'ai besoin de temps encore pour exprimer les choses.
J'entends parfois dire de moi que je suis forte, voire même que je dégage une certaine puissance... C'est parce que je suis fragile et sensible que j'ai dû devenir forte, assez subtilement j'espère pour ne pas changer mon coeur en pierre ni ma peau en blindage... Et cette force est encore fragile.

Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mercredi 13 janvier 2010 3 13 /01 /Jan /2010 13:36


DSC05881.JPG
Alors comme ça tu nous quittes,
Alors comme ça t'es mort...

T'était heureux ces derniers mois, enfin...!
Désolée de ne pas t'avoir connu comme ça,
Mais ma mémoire est pleine d'instants précieux.
Je ne veux pourtant pas dire "si j'avais su"
Parce qu'on ne sait jamais rien à rien
La vie c'est comme ça...
Tu vas me manquer, toi, ta voix,
Tes sourires, tes regards espiègles ou rêveurs, ta sensibilité de ouf,
Tes bisous de mecs bourré qui me saoûlaient...
Ton humour noir,  tes éclats de rire, ta pertinente impertinence,
Nos discussions d'amoureux exaltés, puis déçus
Tes accords de guitare et nos chansons,
Et tout le reste
Pas possible de te figer dans quelques mots
Pas de chronologie dans l'amour
Je t'aimais grand frère,
Et je t'aimerai toujours.

(je ne sais pas pourquoi je t'écris ici vu que tu n'allais jamais sur mon blog...)

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés